J'ai trouvé cette réflexion belge sur un forum et je la transmets quasiment en l'état. Vous pouvez trouver icile texte de la loi belge
Ma réflexion est peut-être élémentaire je le sais ; elle ne s'encombre pas de "Dits philosophiques" parce que je les trouve superflus dans ce débat aussi humain et accessible (me semble t-il) que celui-ci ! ! !
Il y a bien longtemps que dans différents hôpitaux et cliniques, l'euthanasie se pratique : à des fin humanitaires s'entend ! ; pour éviter des souffrances inutiles à des patients qui réclament la mort et tous nous quittent doucement paisiblement : la médecine a mis fin à une agonie longue ou douloureuse ; la famille et les amis voient enfin leur proche
pacifié . . .
Que ferait la législation sinon officialiser un geste tout aussi difficile à poser pour le médecin et l'assistant, qu'à vivre pour la famille du malade, lequel aurait le droit de quitter la vie quand LUI considère que le moment est venu et en choisir le moment. Cette législation laisse à chacun le libre choix de la vie ; il n'engage personne, nous restons libre de notre corps, mais une seule chose change : le droit au choix et surtout la décharge pour médecin et assistants éventuels d'une responsabilité qui repose alors sur un écrit en bonne et due forme rédigée par le "Bénéficiaire", alors qu'il est encore en bonne santé mentale.
Ceux qui choisissent la vie peuvent avoir recours aux soins palliatifs s'ils le désirent à moins qu'ils ne préfèrent continuer les soins traditionnels orientés maintenant sur l'atténuation de la souffrance . Nous sommes en démocratie, nous militons pour l'application des droits de l'homme et je considère ce droit comme une priorité aussi lourde que l'abolition de la torture ou de la peine de mort ! ! ! ! ... et les déclarations de Mgr Danneels sont en totale opposition avec ses déclarations d'un Dieu qui nous aime ... ou ses présences aux manifestations pour les droits de l'homme
Le Soir de ce mardi publie un article en réaction aux propos de l’archevêque de Belgique, Godfried card Danneels. Dans cet article, il y a entre autres une prise de position du président du Centre d’action laïque. Il y a ensuite un éditorial du Soir et un article de la présidente de l’association pour le droit de mourir dans la dignité.
1) L'euthanasie sous le feu catholique RICARDO GUTIERREZ Le soir mardi 25 mars 2008, 09:51
LES PROPOS du cardinal Danneels sur la médiatisation « excessive » de l'euthanasie déclenchent la polémique. "Contourner la mort" n'est pas « un acte héroïque » susceptible d'alimenter la une des journaux… C'est en ces termes que Godfried Danneels, chef de
l'Eglise catholique de Belgique, s'en est pris, samedi soir, dans son homélie de veillée pascale, à la médiatisation de l'euthanasie. Des propos qui ont suscité l'indignation, au sein du mouvement laïque. Libre penseur, le député Open VLD Herman De Croo rappelle que le législateur a dépénalisé l'euthanasie au terme « d'un des débats les plus dignes et les moins partisans qu'il m'ait été donné de présider ».
C'est sans la nommer que le cardinal Danneels a critiqué, samedi soir, à la cathédrale Saint-Rombaut de Malines, la médiatisation de l'euthanasie… Des propos motivés, selon le porte-parole des évêques de Belgique, Eric de Beukelaer, par la manière dont la presse flamande « avait souligné le courage et la lucidité d'Hugo Claus », première personnalité culturelle du Royaume à avoir revendiqué son euthanasie.
Le cardinal a tenu à défendre « une autre forme d'héroïsme » : celle de tous ceux « qui accompagnent médicalement et humainement, jusqu'à la fin, leur prochain souffrant ». Godfried Danneels estime que « notre société, qui dit avoir déjà laissé tomber de nombreux tabous, en a par ailleurs créé de nouveaux, dont celui selon lequel la mort ne pourrait avoir de sens et toute souffrance devrait être absurde ».
Le retour du dolorisme ?
« Cette conception de la douleur “utile”, par laquelle on sauverait son âme, est choquante, réagit Pierre Galand, président du Centre d'action laïque. Comment peut-on encore défendre la notion de souffrance rédemptrice ? L'Eglise voudrait que l'on parle davantage des soins palliatifs, qui prolongent parfois inutilement des agonies, et moins de l'euthanasie ? Comment accepter que l'on bombarde certains malades incurables de morphine, pour accélérer leur mort, sans leur donner le choix d'opter consciemment pour l'euthanasie légale, dans la dignité ? »
Le député Open VLD Herman De Croo, qui a présidé, en 2002, les débats sur la dépénalisation de l'euthanasie rappelle leur sobriété, leur caractère non-partisan : « C'est l'un des plus beaux débats qu'il m'ait été donné de présider, nous dit-il. La loi qui en émane est marquée d'une humanité profonde. Elle a d'ailleurs été votée par des chrétiens. »
Herman De Croo se veut nuancé : « Le cardinal exagère en dénonçant une prétendue médiatisation excessive de l'euthanasie de Hugo Claus. Je suis de ceux qui n'aiment pas voir les amis dans leurs derniers instants. Je veux garder d'eux un souvenir positif. Hugo Claus n'a pas voulu donner de lui cette image de mort vivant. Je comprends son geste. Mais je rejoins Godfried Danneels pour défendre l'idée qu'il ne faut pas banaliser l'euthanasie…
Statistiquement, vous et moi allons “consommer” dans notre dernière année d'existence, un budget de dépenses sociales et de santé équivalent à ce que nous aurons “coûté” au cours de toutes les années précédentes de notre vie…
Imaginez ce à quoi ce constat pourrait mener dans une société froide, inhumaine, totalitariste ! Mon opinion d'incroyant est aussi profondément humaniste et rejoint, sur ce point, la préoccupation du prélat. »
Avec 500 euthanasies par an, soit 0,5 % du total des décès enregistrés, Pierre Galand estime que « l'euthanasie se pratique en Belgique avec sagesse et parcimonie… On est loin du déferlement annoncé par nos adversaires : pourquoi vouloir modifier une loi qui n'a pas suscité le moindre dérapage et répond avec autant de justesse à l'accompagnement de fin de vie ? »..
2) L’éditorial du Soir par RICARDO GUTIERREZ EUTHANASIE : LE FAUX PROCÈS DE l’ÉGLISE à LA PRESSE mardi 25 mars 2008, 07:23
C’était involontaire. Mais le chef de l’Eglise catholique de Belgique, Godfried Danneels, a rendu un bel hommage, samedi, à Hugo Claus. L’écrivain est la première personnalité culturelle du pays à avoir revendiqué haut et fort son euthanasie. En critiquant, sans la nommer, « la médiatisation » de cet acte ultime d’humanité, le prélat donne toute sa résonance au choix assumé de l’homme de lettres. Hugo Claus et ses proches n’en espéraient pas tant. Godfried Danneels est pleinement dans son rôle quand il rappelle l’opposition radicale et définitive de l’Eglise à l’arrêt de vie intentionnel médicalement assisté.
La loi de son Dieu n’est pas celle des Hommes. Elle n’a pas à l’être. Même si le cardinal a le droit de le regretter. Sa réhabilitation de la souffrance « rédemptrice » est moins défendable. Car la Belgique, contrairement à ce que prétendent les nouveaux missionnaires du catholicisme, n’a pas privilégié l’euthanasie au détriment des soins
palliatifs. Elle a dépénalisé la première, en 2002, tout en consolidant les seconds. L’euthanasie est désormais un droit, mais sa pratique reste marginale. La prise en charge de la douleur n’est pas négligée pour autant : c’est une priorité de santé publique.
Le plus inacceptable est dans la leçon de droit divin que le cardinal inflige à la presse. Le prélat a des opinions. Il n’a pas à les dicter aux médias.
Quand une personnalité du rang de Hugo Claus revendique son euthanasie comme un acte politique, en Belgique, quand une malade incurable, Chantal Sébire, est légalement privée d’y recourir, en France, il est de la responsabilité de la presse de relater et de commenter ces faits contrastés, interpellants.
Le cardinal ne le sait peut-être pas. Mais le respect de la dignité humaine est élevé au rang de principe, dans le Code de journalisme en vigueur en Belgique. La presse a relevé l’atmosphère de dignité, de respect, d’humanité profonde qui a présidé à l’euthanasie de Hugo Claus. Et les conditions clandestines, hypocrites, presque honteuses qui ont marqué la fin de vie de Chantal Sébire. C’était notre devoir. Celui d’informer. N’en déplaise aux cardinaux.
3) Cachez-moi cette euthanasie que je ne saurais voir! Le Soir, mardi 25 mars 2008, 09:51
« Le Soir » a sollicité, dimanche, la réaction de Jacqueline Herremans, présidente de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), aux propos du cardinal Godfried Danneels, primat de l’Eglise catholique de Belgique. Elle nous a fait parvenir, lundi, le texte qui suit…
Le cardinal Danneels a choisi son homélie de veillée pascale pour lancer une nouvelle attaque contre le droit de chacun à décider les modalités de sa mort. Certes, il n’est guère étonnant que ce haut prélat de l’église marque son désaccord quant à une conception de la vie et de la mort qui place le respect de l’autonomie de la personne humaine au centre du débat. Il n’a fait que répéter la doctrine de l’église catholique quant à cette question.
C’est parfaitement le droit de cette institution de rappeler son affirmation selon laquelle la vie n’appartient pas à l’homme mais lui serait donnée par Dieu et d’en tirer les conséquences face à la souffrance, à la vie et à la mort.
Ce qui est moins acceptable est que, sous couvert d’une critique de la médiatisation (Hugo Claus ? Chantal Sébire ?), le cardinal Danneels stigmatise ceux et celles qui aujourd’hui refusent la mort « naturelle » et font le choix, avec l’aide d’un médecin, de mettre un point final à leur vie sans attendre que celle-ci perde tout sens, dégradée par les souffrances
physiques ou morales. Le cardinal Danneels considère-t-il que demander l’euthanasie reviendrait à faire preuve de lâcheté ? Et si on n’avait pas bien compris ses propos, il
précise qu’il hésiterait à célébrer les funérailles d’une personne qui aurait demandé l’euthanasie !
René Stockman, supérieur de la congrégation des Frères de la Charité (à la tête de 14 hôpitaux psychiatriques en Flandre), reprochait, lui, à Hugo Claus de ne pas avoir songé que son geste donnait « un signal » aux personnes qui souffrent d’Alzheimer, à leurs proches et aux équipes soignantes. Hugo Claus avait parfaitement le droit d’opter pour une mort choisie. Il est incontestable que la maladie d’Alzheimer est une affection terrible et, dans l’état actuel de la médecine, incurable. La seule personne qui pouvait juger du caractère inapaisable de ses souffrances, physiques ou psychiques, était bel et bien Hugo Claus. Pour cet homme qui bâtissait des romans, des pièces de théâtre, de la poésie avec une richesse de langage sans nulle autre pareille, la difficulté de construire encore des phrases cohérentes devait être vécue comme une déchéance intolérable. Celui qui n’avait ni maître ni dieu a pu encore formuler cette demande en toute lucidité avant de sombrer dans une zone grise qui ne lui aurait plus laissé qu’une seule opportunité : attendre passivement la mort.
C’était son choix et il lui a certainement fallu beaucoup de courage pour l’assumer et quitter les siens. Il a pu le faire en parfaite conformité avec la loi, tandis que Chantal Sébire, parce qu’elle vivait de l’autre côté de la frontière française, n’a pas eu la mort qu’elle appelait de ses vœux. D’autres qu’Hugo Claus feront d’autres choix. Et c’est bien là l’honneur de la Belgique d’avoir permis cette liberté, sans contraindre personne !
En Suisse, nous avons l'excellente association http://www.exit-geneve.ch/accueilF.html
qui fonctionne depuis plusieurs années déjà à la grande satisfaction des autorités. Cette association jouit d'une excellente réputation au sein de la population de Suisse romande.
Bravo d'en parler. Cordialement
http://les2decoppet.bleublog.ch
où je préfèrerais être belge surtout si ma fin de vie était douloureuse ou humiliante. Je crois que mourir dans la dignité est un droit qui devrait être constitutionnel et refuser une déchéance inéluctable et inutile devrait être possible.
J'espère que le droit français va évoluer en la matière afin que les soignants puissent agir en toute conscience et toute légalité !!!!
j'aime beaucoup ton blog merci de nous informer ainsi !!!
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